chenilles processionnaires du pin

« Je promène mon chien en forêt depuis des années, et pour la première fois j’ai eu vraiment peur » : ce danger que beaucoup ignorent encore
Source Ouest France du 3/02/2026
Tout semblait paisible lors de notre promenade habituelle, l'air était frais et mon chien courait joyeusement entre les arbres, jusqu'à ce qu'il s'arrête net pour renifler une étrange ligne mouvante au sol. Ce que je prenais naïvement pour une curiosité de la nature s'est révélé être un cauchemar absolu que je ne souhaite à personne. Si vous pensez connaître tous les pièges de la forêt, lisez attentivement ce qui suit : ce fléau silencieux qui se réveille dès ce début de mois de février 2026 pourrait bien coûter la vie à votre animal avant même que vous ne compreniez ce qu'il se passe.
Derrière cette procession hypnotique qui sort de terre en février se cachent des millions de harpons microscopiques prêts à frapper
Avec le retour des températures un peu plus douces en cette fin d'hiver, la nature reprend ses droits, mais cela implique aussi le réveil de certaines menaces. Si vous levez les yeux vers les pins, vous apercevrez peut-être de gros cocons blancs soyeux : ce sont les nids des chenilles processionnaires du pin. Dès le mois de février, ces larves quittent leur abri pour descendre le long du tronc et aller s'enterrer dans le sol, formant ces fameuses files en "procession" qui intriguent tant nos compagnons à quatre pattes.
Le véritable danger ne réside pas dans la morsure, car ces chenilles ne mordent pas. Le péril est purement défensif et particulièrement sournois. Le corps de chaque chenille est recouvert de milliers de poils urticants microscopiques. Au moindre stress ou danger perçu, l'insecte libère ces minuscules harpons dans l'air. Ces poils contiennent une toxine redoutable appelée thaumétopéine. Il suffit que votre chien s'approche un peu trop près, renifle la ligne ou tente de jouer avec pour que ces innombrables aiguilles invisibles se plantent dans ses muqueuses, sa truffe ou sa langue, déclenchant instantanément un mécanisme de défense chimique dévastateur.
La violence de la réaction allergique et la nécrose foudroyante de la langue ne laissent souvent que quelques heures pour sauver votre animal
Les conséquences d'un contact avec ces poils sont immédiates et souvent spectaculaires. Le chien va généralement se mettre à baver abondamment, à gémir et à tenter de se frotter le museau frénétiquement avec ses pattes pour apaiser la brûlure intense. C'est ici que la situation bascule : l'inflammation est fulgurante. La langue gonfle démesurément, parfois jusqu'à empêcher l'animal de respirer correctement. Si vous observez ces signes, il s'agit d'une urgence vétérinaire absolue.
Sans une intervention rapide de votre part, la toxine nécrosante commence son travail de destruction des tissus. La langue peut virer au gris, puis au noir, signe que la nécrose s'installe. Dans les cas les plus graves, le chien risque de perdre des morceaux entiers de sa langue, ce qui handicapera définitivement sa capacité à manger et à boire. Pire encore, chez les sujets les plus sensibles, la libération massive d'histamine peut provoquer un choc anaphylactique mortel en quelques heures seulement. Il n'y a pas de remède "maison" fiable : seule une visite immédiate chez le vétérinaire pour administrer corticoïdes et soins intensifs peut stopper le processus.
Face à ce poison volatile qui persiste dans l'air même sans contact direct, votre vigilance extrême reste le seul rempart contre le drame
Beaucoup de propriétaires pensent à tort que tant que le chien ne touche pas la chenille, il ne risque rien. C'est une erreur qui peut s'avérer fatale. Les poils urticants sont extrêmement volatils et légers ; un simple coup de vent peut les disperser dans l'air ambiant autour du nid ou de la procession. De plus, ces poils conservent leur pouvoir urticant pendant très longtemps, même après la mort de la chenille ou dans un nid tombé au sol l'année précédente.
Pour éviter l'accident, la meilleure solution reste la prévention active, surtout en cette période de février où les descentes sont massives. Voici les gestes barrières essentiels à adopter lors de vos balades :
Évitez absolument les forêts de pins ou les parcs arborés de résineux dès le début de l'année.
Tenez impérativement votre chien en laisse si vous devez traverser une zone à risque pour pouvoir le tirer en arrière instantanément.
Ne tentez jamais d'écraser une procession : cela libère instantanément un nuage toxique dangereux pour votre chien, mais aussi pour vous.
Au retour de balade, en cas de doute, rincez abondamment votre chien à l'eau claire sans frotter (ce qui briserait les poils et libérerait plus de toxines) et filez chez le vétérinaire.
La vigilance face à ces processions silencieuses est vitale pour protéger votre fidèle compagnon. Les mois de février et mars représentent une période particulièrement critique, alors redoublez d'attention lors de vos sorties en nature.