Des Coteaux D'Occitanie

Des Coteaux D'Occitanie Berger Américain Miniature

Berger Américain Miniature

Un tiers des chiens et la moitié des chats sont trop gros

Un tiers des chiens et la moitié des chats sont trop gros
« Un tiers des chiens et la moitié des chats sont trop gros » … Pourquoi les animaux domestiques sont en surpoids ?
Source 20 minutes du 24/01/2026
Fini le félin svelte et aérien ou le chien élancé et gracile. Chaque année, le cabinet de Sara Hoummady, docteure vétérinaire, voit passer de plus en plus d’animaux gros. En 2006, une étude du journal de médecine vétérinaire estimait que 19 % des chats étaient en surcharge pondérale en France, rapporte la spécialiste. Ils étaient 47,5 % en 2024. Le surpoids touche également un tiers des chiens du pays. Aux Etats-Unis, où la proportion de chats en surpoids est similaire, une sorte d’Ozempic version cat est en cours de test par la société pharmaceutique Okava. Objectif: faire maigrir les bouboules de poils américaines.
Les causes d’une telle explosion pondérale sont toutefois difficiles à définir. La nourriture est évidemment l’un des facteurs, d’autant qu’elle est difficile à quantifier. « Il n’existe pas un poids type pour les animaux, il est donc difficile d’estimer les rations ou de savoir si on surdose », défend Sara Hoummady.
La fréquence des repas pourrait être l'une des causes, appuie Thomas Dzen, docteur vétérinaire : « Le chat est un grignoteur, et a besoin de manger régulièrement ». Mais si on remplit à chaque fois sa gamelle… « Même en ayant un bec doseur, les observations montrent qu’on le remplit toujours un peu plus que la normal. Et un peu de trop plus un peu de trop plus un peu de trop, ça peut faire beaucoup à la fin de la journée ». A ce titre, l’essor du télétravail, qui rend le maître plus présent et donc plus à même de re-re-remplir la gamelle, pourrait être l’une des explications de ce surpoids.
Les friandises, faiseuses de liens… et de gras
A l’inverse, pour les chiens, « certains proprios les nourrissent une seule fois par jour, en pensant que c’est mieux. L’animal aura alors en tendance à surcompenser, ou à mal stocker les apports nutritionnels », poursuit l’expert. En matière de nutrition, les règles qui s'appliquent aux humains sont valables pour nos amis les bêtes: mieux vaut éviter la frustration.
A cela, s'ajoute un autre mal : les friandises, « qui ne doivent représenter que 10 % des apports caloriques au maximum », réglemente Thomas Dzen. Cette limitation est pourtant loin d’être respectée. « Les propriétaires en abusent pour faire plaisir à l’animal… Pour certains, c’est le moyen numéro 1 pour renforcer le lien, alors qu’il existe bien d’autres alternatives plus saines. » Par exemple, les propriétaires qui jouent beaucoup avec leur chat « ont généralement des animaux minces », poursuit le spécialiste.
« Quand l’animal s’ennuie, il grignote »
C’est l’autre grande cause de l’obésité aiguë des animaux : la sédentarité. Vivre en appartement n’est pas un problème dans l’absolu, rassure les deux vétérinaires, à condition de trouver des occupations à l’animal. Jouer à la balle, le solliciter, installer des arbres à chat… « Sinon, c’est comme nous pendant le confinement : on s’ennuie enfermé, et quand on s’ennuie, on grignote pour passer le temps », poursuit Thomas Dzen.
Et comme chez les humains, l’effet yoyo peut être totalement contreproductif pour les compagnons à quatre pattes. « En faisant perdre trop de poids rapidement à l’animal on lui fait perdre aussi de la masse musculaire, qui est très dure à reprendre. L’animal bouge donc moins, dépense moins de calories, et grossit encore plus », précise Sara Hoummady, qui rappelle la règle d’or : un régime ne s’improvise pas, et doit être suivi par un spécialiste.
Le déni des propriétaires
Mais cette explosion du surpoids s’accompagne d’un étrange phénomène : le déni des propriétaires. « La première mission en tant que vétérinaire, c’est de leur faire comprendre que leur animal est en surpoids. Beaucoup refusent de le voir », indique Thomas Dzen. Un cercle vicieux s’est installé : plus les animaux sont gros autour de nous, plus notre norme visuelle change, moins on se rend compte que notre boule de poil souffre de surcharge pondérale. Le vétérinaire relate l’histoire d’un propriétaire de labrador, accusé dans la rue de maltraiter son animal ou de l’affamer, alors que son chien avait un poids ... normal. Anecdote similaire chez Sara Hoummady : « Quand on montre des photos de chat normal, les propriétaires sont souvent choqués et le trouve trop maigre ».
N’est pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. « En réalité, beaucoup de propriétaires aiment avoir un animal gros et gras », poursuit la spécialiste. « Il y a un peu la tendance de l’animal peluche, avec des formes et grassouillet ». Même les signes visibles du surpoids sont souvent niés : si un animal bouge moins, les maîtres vont souvent penser que c’est la vieillesse.
La surcharge pondérale est pourtant loin d’être sans conséquence. Elle devient la première cause de mortalité, et entraîne une réduction de la durée de vie de 20 à 30 %. Au-delà d’une mort précoce, le surpoids n’est pas sans causer des douleurs à l’animal, comme l’arthrose, qui empire le problème - moins de déplacements, plus de poids –, du diabète ou des tumeurs. C’est d’ailleurs un outil qui participe à la prise de conscience. « Aujourd’hui l’animal a pris une telle place dans la vie des gens qu’ils sont très attentionnés sur son bien-être. Il suffit de leur faire comprendre que leur chat sera plus heureux s’il peut à nouveau sauter sur le canapé ''comme avant'' », assure la vétérinaire.